August 25, 2026 |
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Le Progrès, Actu Saint-Etienne (FR): “Après dix-huit ans chez Rolex, il a créé son atelier d’horlogerie à Hong Kong”

Saint-Étienne · Actu Saint-Étienne, p. 11 · Dimanche 23 août 2026

Ancien joueur international de rugby, Renaud-Louis Chavanis, 45 ans, vit à Hong Kong depuis vingt-deux ans, avec son épouse et ses trois enfants. Formé chez le célèbre horloger du quartier Saint-Jacques, Marc Zimmermann, il a travaillé dix-huit ans pour Rolex avant de créer son propre atelier en 2023. Rencontre.

« Ce qui me manque de la France ? La famille ! Mais aussi la plaine du Forez, les églises, la cuisine, les barbecues et les apéros entre potes… Mais aujourd’hui, je ne m’imaginerais pas vivre ailleurs qu’à Hong Kong », confie Renaud-Louis Chavanis, expatrié depuis vingt-deux ans dans cette ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997.

Aujourd’hui âgé de 45 ans, ce Stéphanois (que nous avons rencontré fin juillet alors qu’il passait deux semaines de vacances en France) a grandi rue Michel-Rondet. Il a fréquenté l’école La Grand’église, le collège Saint-Paul puis le lycée Saint-Michel. « Mais les études, ce n’était pas franchement mon truc… J’ai arrêté le jour du bac de français, en 1998. Lors d’un entretien pour voir ce que je pourrais faire, il est apparu évident que l’horlogerie était faite pour moi : j’aimais les montres, l’esthétique… »

« Je suis littéralement tombé amoureux de Hong Kong »

Le jeune Renaud-Louis s’inscrit au CFA des Mouliniers – « Il n’y avait pas vraiment de cursus pour ça, je prenais des cours par correspondance » – et s’en va toquer à la porte du célèbre horloger du quartier Saint-Jacques, Marc Zimmermann, qui va le former en alternance durant trois ans.

Sa formation achevée, le jeune horloger travaille durant deux ans chez Pil’vite, dans la galerie d’Auchan Villars, puis ouvre sa propre boutique, Tic Tac Firm, à Firminy. Mais l’expérience ne durera qu’un an.

C’est en effet à cette époque, en 2003, qu’il rencontre celle qui deviendra son épouse cinq ans plus tard, Cyrielle. Une Stéphanoise comme lui, du même âge, mais qui a grandi à Hong Kong, où ses parents étaient partis travailler. « Elle m’a emmené là-bas pendant quinze jours, et je suis littéralement tombé amoureux de cette ville ! Un an plus tard, on s’installait là-bas. » Depuis, le couple a eu deux filles, âgées aujourd’hui de 16 et 8 ans, et un fils, qui a 14 ans.

 

Dix-huit sélections en équipe nationale de rugby

Dès son arrivée à Hong Kong, Renaud-Louis Chavanis s’intègre assez facilement via le rugby, qui est une quasi-religion là-bas. Après avoir pratiqué pendant des années au club de Roche-la-Molière, il rejoint même l’équipe nationale hongkongaise, où il honorera 18 sélections. « En rugby, il n’y a pas besoin d’avoir la nationalité du pays pour porter le maillot national », nous explique ce grand sportif (qui a cependant rangé aujourd’hui le ballon ovale au placard).

Côté professionnel, le Stéphanois trouve rapidement un poste chez Rolex. Son travail ? Réparer et entretenir les montres des clients. « À l’époque, c’était le plus grand atelier Rolex du monde. » En 2013, il part s’installer à Shanghai, où il évolue pour devenir chef du service clients. Il le sera également à son retour à Hong Kong en 2018.

« Devenir le plus grand atelier d’horlogerie indépendant en Asie »

Et puis, après une période Covid très compliquée, Renaud-Louis Chavanis a envie de changer d’air. Il quitte Rolex pour créer Amplitude, son propre atelier de maintenance et de réparation de montres et pendules. « J’ai investi toutes mes économies et j’ai emprunté de tous les côtés. C’était un gros pari, surtout que j’avais une belle situation chez Rolex. Mais ma femme a toujours été là pour le soutenir et me pousser. »

S’il ne compte pas son temps – « Je travaille quinze heures par jour » -, le Hongkongais d’adoption ne regrette pas son choix. Surtout que le succès est au rendez-vous. « Avec ma femme, qui s’occupe du marketing, on a quatre salariés. Et là, on vient de se s’associer avec un investisseur afin de franchir un cap. » Son objectif ? « Ouvrir d’autres ateliers et devenir le plus grand centre d’horlogerie indépendant en Asie. » Ambitieux ? « J’ai toujours eu cette capacité à rêver en grand », reconnaît-il.

« Le centre-ville me semble moins animé qu’à mon époque… »

Voici donc bientôt vingt-deux ans que Renaud-Louis Chavanis est installé à Hong Kong. « J’adore cette ville. On y est partout en totale sécurité, les choses sont simples… Et puis on n’a que l’image d’une mégalopole surpeuplée mais en fait, la montagne et les plages sont à quelques minutes de la ville en scooter. Côté business, c’est tellement plus facile : si vous mettez à part les loyers qui sont délirants, il n’y a pas de charges sur les salariés, pas de taxes sur les dividendes… Tout est fait pour vous aider à entreprendre. »

Pour autant, le quadragénaire conserve un profond attachement à sa ville natale. « Avec mon travail, j’ai eu très peu le temps de rentrer ces dernières années. Mais j’espère désormais pouvoir revenir un peu plus souvent. J’ai besoin de me ressourcer auprès de mes proches, j’ai toujours mon cercle d’amis d’enfance ici…»

Renaud-Louis Chavanis l’assure : fier de ses racines, il est toujours le premier à faire la promotion de Saint-Étienne, et un fanion de l’ASSE trône en bonne place dans sa boutique. Et quand on lui demande quel regard il porte sur le Saint-Étienne actuel, il se contente de répondre avec bienveillance que « le centre-ville me semble moins animé qu’à mon époque… »

 

Loïc Todesco
https://www.leprogres.fr/economie/2026/08/23/apres-dix-huit-ans-chez-rolex-ce-stephanois-a-cree-son-atelier-d-horlogerie-a-hong-kong